EMDR : risques, effets secondaires et contre-indications

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EXPLICATION THÉRAPIE

Manon PERRET

8/17/20266 min read

emdr traumatisme spt syndrome post traumatique tca choc emotionnel trauma episode douloureux
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EMDR : quels sont les risques, effets secondaires et contre-indications ?

L’EMDR* est aujourd’hui connue pour son utilisation autour des souvenirs traumatiques et des événements difficiles. Mais lorsqu’on envisage cette approche, certaines questions reviennent naturellement : l’EMDR peut-elle être dangereuse ? Peut-on se sentir plus mal après une séance ? Existe-t-il des effets secondaires ou des contre-indications ?

Ces interrogations sont légitimes. Travailler sur un traumatisme, un deuil, une séparation difficile ou un événement qui a laissé une empreinte émotionnelle importante n’est pas anodin.

Alors remettons les choses à leur juste place : oui, une séance d’EMDR peut remuer. Non, cela ne signifie pas automatiquement que quelque chose se passe mal. L’essentiel réside dans l’évaluation préalable, la préparation, l’adaptation du travail et le cadre dans lequel il est réalisé.

L’EMDR : une approche reconnue pour le psychotraumatisme

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) repose notamment sur des stimulations bilatérales alternées, souvent visuelles, mais qui peuvent également prendre d’autres formes.

Elle est notamment utilisée dans la prise en charge du trouble de stress post-traumatique (TSPT). L’Organisation mondiale de la Santé et la Haute Autorité de Santé font partie des organismes ayant intégré l’EMDR dans leurs recommandations concernant le psychotraumatisme.

Pour autant, « reconnue » ne veut pas dire « anodine ».

Lors d’un travail thérapeutique autour d’un souvenir douloureux, des émotions, sensations corporelles, pensées ou images peuvent être réactivées temporairement. C’est pourquoi l’EMDR ne devrait pas se résumer à « faire bouger les yeux » : le cadre, la préparation et l’accompagnement sont essentiels.

Quels effets secondaires peut-on ressentir après une séance d’EMDR ?

Les réactions sont très variables d’une personne à l’autre. Certaines ressortent d’une séance plutôt légères, d’autres peuvent ressentir davantage de fatigue ou d’émotions.

Après une séance, il est notamment possible d’observer :

  • une fatigue physique ou mentale ;

  • une impression d’avoir beaucoup « travaillé intérieurement » ;

  • une sensibilité émotionnelle plus importante ;

  • des rêves inhabituels ou plus intenses ;

  • l’apparition de nouvelles pensées ou associations ;

  • des souvenirs qui reviennent spontanément ;

  • certaines sensations corporelles ;

  • un besoin de calme ou de repos.

Ces manifestations ne signifient pas forcément que la séance s’est mal passée. Le travail engagé autour du souvenir peut continuer à faire émerger des éléments entre deux rendez-vous.

En revanche, une réaction intense, persistante ou difficilement gérable mérite toujours d’être signalée au professionnel qui vous accompagne.

Peut-on se sentir plus mal après une séance d’EMDR ?

Oui, temporairement, cela peut arriver.

Lorsque l’on travaille sur un événement douloureux, on vient nécessairement s’approcher d’informations associées à ce vécu : peur, colère, tristesse, culpabilité, impuissance, sensations physiques…

Il est donc possible qu’une personne se sente davantage bouleversée pendant quelques heures ou qu’un souvenir continue à l’occuper après la séance.

Mais l’objectif n’est absolument pas de vous replonger brutalement dans votre traumatisme en espérant que « ça passe ».

Un accompagnement sérieux doit tenir compte de votre capacité actuelle à supporter et réguler ce qui émerge. Il peut être nécessaire de consacrer du temps à la stabilisation, aux ressources et à la sécurité intérieure avant d’aborder certains souvenirs.

Parfois, vouloir aller vite est justement ce qui risque de faire perdre du temps.

Angoisse après une séance : faut-il s’inquiéter ?

Une augmentation ponctuelle de l’anxiété peut survenir après avoir travaillé sur un souvenir chargé émotionnellement.

Ce qui compte surtout, c’est son intensité, sa durée et votre capacité à retrouver progressivement un état plus stable.

Si l’angoisse devient très importante, persiste, s’aggrave, provoque une détresse inhabituelle ou devient difficile à gérer seul, il est important de contacter le professionnel qui vous accompagne.

Le travail pourra alors être adapté : rythme différent, davantage de stabilisation, changement de cible, autre approche temporaire…

Vous n’avez pas à serrer les dents pour réussir votre thérapie.

Un bon accompagnement s’adapte aussi à ce que votre système est capable de traverser aujourd’hui.

L’EMDR peut-elle être dangereuse ?

L’EMDR n’est pas considérée comme une pratique dangereuse lorsqu’elle est utilisée de façon appropriée. En revanche, le travail autour du traumatisme demande de vraies précautions.

Le risque apparaît notamment lorsqu’on cherche à traiter trop rapidement un souvenir très chargé sans avoir suffisamment évalué la situation de la personne, ses ressources, sa stabilité émotionnelle ou ses capacités de régulation.

Réactiver un traumatisme sans cadre adapté peut entraîner une détresse importante.

C’est également pour cela que je me méfie des promesses du type :

« Un traumatisme réglé en une séance. »

Cela peut arriver qu'un travail évolue rapidement, mais personne ne devrait vous garantir à l’avance le nombre exact de séances nécessaires. Chaque histoire, chaque traumatisme et chaque personne sont différents.

L’objectif n’est pas d’aller le plus vite possible.

L’objectif est d’avancer à votre rythme, sans vous laisser seul face à ce qui remonte.

Quelles sont les contre-indications à l’EMDR ?

Il n’existe pas une liste universelle permettant de dire simplement : « cette personne peut faire de l’EMDR » ou « cette personne ne peut jamais en faire ».

Certaines situations nécessitent cependant une évaluation particulièrement prudente, voire une orientation ou une prise en charge complémentaire.

Cela peut notamment concerner certaines situations de crise aiguë, des troubles psychiatriques non stabilisés, des phénomènes dissociatifs importants ou un risque suicidaire actuel.

Certaines conditions médicales peuvent également nécessiter une adaptation du type de stimulation utilisé. Les mouvements oculaires ne constituent d’ailleurs pas l’unique possibilité de stimulation bilatérale.

L’important est donc de ne pas appliquer un protocole automatiquement.

On accompagne une personne, pas seulement un traumatisme.

La préparation : une étape à ne surtout pas négliger

Avant de travailler directement sur un souvenir traumatique, il peut être nécessaire de construire des ressources permettant à la personne de revenir vers davantage de sécurité lorsqu’une émotion devient trop forte.

Cela peut passer, selon les besoins, par :

  • des exercices de respiration ou d’ancrage ;

  • des techniques de régulation émotionnelle ;

  • l’identification de ressources internes ou externes ;

  • des exercices de stabilisation ;

  • l'apprentissage du repérage des réactions corporelles et émotionnelles.

Cette préparation n’est pas une perte de temps.

Pour certaines personnes, elle sera assez rapide. Pour d’autres, elle nécessitera davantage de séances avant d’aller travailler certains événements.

Et c’est parfaitement acceptable.

Comment réduire les risques lors d’un accompagnement EMDR ?

Avant de commencer, n’hésitez pas à poser des questions au professionnel sur sa formation, son expérience du psychotraumatisme, sa manière de travailler et le cadre proposé.

Vous devez également pouvoir dire lorsqu’une séance va trop vite ou qu’une réaction vous inquiète.

De son côté, le professionnel doit pouvoir adapter son accompagnement à votre état actuel plutôt que d’appliquer mécaniquement une technique.

Enfin, ne banalisez pas ce qui se passe entre les séances. Un rêve, une émotion nouvelle, un souvenir qui revient ou une réaction corporelle peuvent constituer des informations utiles pour la suite du travail.

Faut-il avoir peur de commencer l’EMDR ?

Non. Mais vous avez parfaitement le droit d’avoir peur de toucher à quelque chose qui vous fait souffrir depuis longtemps.

Certaines personnes arrivent avec cette crainte :

« Et si je rouvre quelque chose que je n’arrive plus à refermer ? »

C’est justement pour cela que l’accompagnement ne devrait jamais consister à ouvrir toutes les portes d’un coup.

Vous n’avez pas besoin de tout raconter immédiatement.
Vous n’avez pas besoin de revivre volontairement chaque détail.
Et vous n’avez surtout pas besoin de prouver que vous êtes capable d’encaisser.

Vous avez peut-être porté certaines choses pendant des mois, des années, parfois beaucoup plus longtemps.

Le premier pas n’est pas forcément de replonger dedans.

Le premier pas peut simplement être d’oser demander de l’aide.

Et ensuite, nous avançons progressivement : avec votre histoire, vos limites, vos ressources et votre rythme.

Parce que derrière le poids du passé, il peut encore y avoir beaucoup de place pour autre chose : de l’apaisement, de la liberté… et le retour du sourire. 🌞 Alors viens et ose !

L’appellation EMDR est utilisée ici pour présenter l’approche et les techniques pratiquées dans le cadre de l’accompagnement proposé. Les informations contenues dans cet article sont générales et ne remplacent ni un avis médical, ni un diagnostic, ni une prise en charge médicale ou psychiatrique lorsque celle-ci est nécessaire.

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