Faire son deuil : pourquoi l'absence fait encore mal ?

Faire son deuil ne veut pas dire oublier. Comprends pourquoi une absence peut encore faire mal des années après et comment avancer à ton rythme.

CONSEILS, ASTUCES ET OUTILS

Manon PERRET

10/26/20269 min read

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Faire son deuil ne veut pas dire oublier : pourquoi certaines absences font encore mal des années après ?

Il y a des personnes qui nous manquent toute une vie.

Parfois, cela fait quelques semaines. Parfois, plusieurs années.

Tu as repris ton quotidien. Tu travailles, tu souris, tu fais des projets. Tu as même retrouvé des moments de bonheur.

Et pourtant, il suffit parfois d'une photo, d'une chanson, d'une odeur ou d'une date particulière pour que l'émotion revienne.

Une boule dans la gorge. Les larmes qui montent. Cette sensation de vide. Ce manque que personne ne peut vraiment combler.

Alors tu te demandes peut-être :

"Pourquoi ça me fait encore aussi mal après tout ce temps ?"

Parce que faire son deuil ne signifie pas oublier. Et avancer ne signifie pas cesser d'aimer.

Pourquoi le deuil peut-il encore faire mal des années après ?

On entend souvent que le temps guérit les blessures.

Mais ce n'est pas aussi simple.

Le temps peut permettre de s'adapter progressivement à une absence, de retrouver des repères et de construire une vie différente.

Pour autant, il n'efface pas nécessairement le manque.

Lorsque tu perds une personne importante, tu ne perds pas uniquement sa présence physique.

Tu peux aussi perdre :

  • Les conversations que vous aviez ensemble.

  • Les habitudes et les petits rituels du quotidien.

  • Les projets que vous ne réaliserez plus.

  • La possibilité de lui raconter tes réussites et tes difficultés.

  • Une présence rassurante.

  • Une partie de tes repères et de ton histoire.

Et parfois, c'est justement dans les moments les plus ordinaires que son absence se fait ressentir.

Tu voudrais lui téléphoner pour raconter quelque chose.

Tu passes devant un endroit où vous alliez ensemble.

Tu entends une expression qu'il ou elle utilisait souvent.

Et pendant quelques secondes, le manque revient.

Ce n'est pas forcément que tu n'as pas avancé. C'est aussi que cette personne a compté dans ta vie.

Le deuil n'est pas une ligne droite

On imagine parfois le deuil comme un parcours avec plusieurs étapes à franchir.

D'abord le choc, puis la colère, la tristesse, et enfin l'acceptation.

Sauf que dans la réalité, les émotions ne suivent pas forcément cet ordre.

Tu peux te sentir relativement bien pendant plusieurs semaines, puis traverser une journée particulièrement difficile.

Tu peux ressentir de la tristesse, puis de la colère.

Tu peux rire sincèrement avec des amis et pleurer quelques heures plus tard.

Tu peux accepter la réalité du décès tout en continuant à ressentir un manque immense.

Et tout cela peut coexister.

Il n'existe pas de calendrier universel du deuil.

Chaque personne avance à son rythme, selon son histoire, sa relation avec la personne disparue, les circonstances de la perte et les ressources dont elle dispose.

Le plus important n'est donc pas de savoir si tu avances assez vite.

C'est de comprendre comment tu vis cette absence aujourd'hui.

Pourquoi certaines dates réveillent-elles autant d'émotions ?

La Toussaint, les anniversaires, Noël, les fêtes de famille...

Certaines périodes peuvent être particulièrement difficiles lorsque nous avons perdu quelqu'un.

Même lorsque plusieurs années se sont écoulées.

Pourquoi ?

Parce que notre mémoire associe les souvenirs à des dates, des lieux, des sensations et des habitudes.

À l'approche d'un anniversaire, tu peux repenser aux années précédentes.

À Noël, tu peux remarquer cette chaise vide autour de la table.

À la Toussaint, les souvenirs de tes proches disparus peuvent prendre davantage de place.

Et parfois, tu ressens même une tristesse avant de réaliser qu'une date importante approche.

Ces réactions peuvent être liées à ce que l'on appelle parfois les réactions anniversaires.

Elles ne concernent pas tout le monde, mais elles sont fréquentes dans les expériences de deuil.

Une émotion qui revient à une date particulière ne signifie pas nécessairement que tu es revenu(e) au point de départ.

"Il faut tourner la page" : une phrase qui peut faire mal

Tu l'as peut-être déjà entendue.

"Il faut aller de l'avant."

"Il faut être fort(e)."

"Il ou elle n'aurait pas voulu te voir triste."

"Ça fait longtemps maintenant."

Ces phrases partent parfois d'une bonne intention.

Mais elles peuvent aussi donner l'impression qu'il faudrait arrêter de ressentir certaines émotions pour prouver que l'on va mieux.

Or, faire son deuil ne consiste pas à supprimer tous les souvenirs ou à faire comme si la personne n'avait jamais existé.

Il s'agit progressivement d'apprendre à vivre avec son absence.

Et cela peut prendre des formes très différentes.

Certaines personnes ont besoin de parler régulièrement de leur proche.

D'autres préfèrent conserver des objets, regarder des photographies ou entretenir des traditions.

D'autres encore ont besoin de prendre de la distance pendant un certain temps.

Il n'existe pas une seule bonne manière de se souvenir.

Quand le deuil s'accompagne de culpabilité ou de regrets

La tristesse n'est pas toujours la seule émotion présente après une perte.

Il peut aussi y avoir de la colère, de l'injustice, de la peur ou de la culpabilité.

"J'aurais dû passer plus de temps avec lui."

"Pourquoi je ne lui ai pas dit ça ?"

"Et si j'avais fait les choses autrement ?"

"Pourquoi je n'ai pas vu que quelque chose n'allait pas ?"

Ces questions peuvent revenir encore et encore.

Parfois, tu rejoues mentalement les derniers instants, les dernières conversations ou certaines décisions.

Tu cherches une explication, une réponse ou une manière de changer ce qui s'est passé.

Mais le passé ne peut plus être modifié.

Et cette réalité peut être particulièrement difficile à accepter.

Il est important de comprendre que ressentir de la culpabilité ne signifie pas automatiquement être responsable de ce qui est arrivé.

Lorsque ces pensées deviennent envahissantes, un accompagnement peut aider à les explorer, à prendre du recul et à travailler sur la souffrance qu'elles entretiennent.

On peut aussi vivre un deuil sans qu'il y ait eu de décès

C'est un point dont on parle encore trop peu.

Le deuil ne concerne pas uniquement la mort d'un proche.

Tu peux également traverser un processus de deuil après :

  • Une séparation amoureuse difficile.

  • La fin d'une relation importante.

  • Une rupture familiale.

  • La perte d'un projet de vie.

  • Un changement brutal de situation.

  • La perte de certaines capacités ou d'un mode de vie.

  • L'abandon d'un avenir que tu avais imaginé.

Dans ces situations, tu peux pleurer non seulement ce que tu as perdu, mais aussi ce que tu espérais vivre.

Les projets.

Les habitudes.

La sécurité.

L'avenir imaginé.

Et parfois, ce type de souffrance est moins reconnu par l'entourage.

Pourtant, ce n'est pas parce qu'une perte est invisible aux yeux des autres qu'elle est moins douloureuse.

Comment avancer sans avoir l'impression de trahir la personne disparue ?

C'est une difficulté que certaines personnes rencontrent après un décès.

Elles commencent à aller mieux, puis ressentent de la culpabilité.

Comme si sourire à nouveau signifiait oublier.

Comme si retrouver du bonheur revenait à abandonner la personne disparue.

Pourtant, ces deux réalités ne sont pas incompatibles.

Tu peux continuer à aimer quelqu'un qui n'est plus là et construire de nouveaux souvenirs.

Tu peux ressentir du manque et profiter d'une belle journée.

Tu peux honorer une histoire passée sans renoncer à vivre la suite de la tienne.

Il ne s'agit pas de remplacer la personne.

Ni d'effacer la relation.

Il s'agit de trouver progressivement une nouvelle manière de lui donner une place dans ta vie.

Quelques pistes pour traverser les moments difficiles

Lorsque l'absence devient particulièrement présente, certaines petites actions peuvent aider à traverser la période.

1. Autorise-toi à ressentir ce qui vient.

Tu n'as pas besoin de te forcer à être joyeux(se) parce que ton entourage l'attend. Tu peux reconnaître ta tristesse sans chercher systématiquement à la faire disparaître.

2. Parle de la personne si tu en ressens le besoin.

Raconter un souvenir, prononcer son prénom, partager une anecdote ou simplement dire qu'elle te manque peut faire du bien.

3. Crée un rituel qui a du sens pour toi.

Regarder des photographies, marcher dans un lieu particulier, écrire une lettre, écouter une musique ou perpétuer une tradition familiale.

Il ne s'agit pas d'une obligation, mais d'une possibilité.

4. Respecte tes limites.

Tu n'es pas obligé(e) de participer à toutes les réunions familiales ni de vivre les dates importantes exactement comme les autres.

5. Ne reste pas seul(e) avec une souffrance qui devient trop lourde.

Si le deuil envahit durablement ton quotidien, t'empêche de fonctionner ou s'accompagne d'une détresse importante, il peut être nécessaire de consulter un professionnel de santé mentale.

Demander de l'aide ne signifie pas que tu aimes moins la personne disparue.

Quand le poids du deuil devient trop difficile à porter

Certaines personnes parviennent progressivement à retrouver un équilibre avec le soutien de leurs proches et leurs propres ressources.

Pour d'autres, la souffrance reste particulièrement intense.

Cela peut notamment se manifester par une douleur émotionnelle persistante, des pensées envahissantes, un évitement important de tout ce qui rappelle la personne disparue ou de grandes difficultés à reprendre sa vie quotidienne.

Dans certaines situations, il peut s'agir d'un deuil prolongé, qui nécessite une évaluation et une prise en charge adaptées.

Il est également possible qu'un décès brutal, violent ou particulièrement choquant s'accompagne de symptômes liés à un traumatisme.

Un accompagnement adapté peut alors aider à travailler sur les réactions traumatiques, la culpabilité ou les difficultés émotionnelles associées à la perte.

L'EMDR est notamment une approche recommandée dans certaines situations de trouble de stress post-traumatique. Elle ne constitue toutefois pas une solution universelle à tous les deuils.

Mon accompagnement thérapeutique près de Valenciennes

Dans mon cabinet à Wargnies-le-Grand, près de Valenciennes, et également en visioconférence, j'accompagne les adultes qui traversent des périodes de vie difficiles ou qui portent encore le poids d'événements passés.

Deuil, séparation, événement choquant, traumatisme, blessures émotionnelles...

Selon ton histoire, tes besoins et ta situation, je m'appuie notamment sur l'EMDR*, l'hypnose et la PNL pour t'accompagner.

Mon rôle n'est pas de te demander d'oublier une personne, une relation ou une partie de ton histoire.

C'est de t'aider à comprendre ce que tu traverses et à travailler sur ce qui continue de te faire souffrir aujourd'hui, dans les limites de mon champ de pratique.

Parce que tu peux conserver tes souvenirs et ton attachement, tout en cherchant à retrouver davantage d'apaisement.

FAQ : les questions fréquentes sur le deuil

Combien de temps faut-il pour faire son deuil ?

Il n'existe pas de durée universelle. Le processus dépend notamment de la relation avec la personne disparue, des circonstances de la perte et de l'histoire de chacun. Lorsque la souffrance reste très intense et perturbe durablement le quotidien, un avis professionnel est recommandé.

Est-ce normal de pleurer encore plusieurs années après un décès ?

Oui. Ressentir ponctuellement de la tristesse ou pleurer en repensant à un proche disparu, même plusieurs années après, n'indique pas nécessairement un problème. L'intensité, la fréquence et les conséquences sur la vie quotidienne sont importantes à prendre en compte.

Pourquoi le deuil est-il plus difficile à certaines périodes ?

Les anniversaires, les fêtes, la Toussaint ou certains événements familiaux peuvent rappeler particulièrement l'absence de la personne. Ces périodes réactivent parfois des souvenirs et des émotions associés à la relation.

Peut-on faire son deuil sans oublier la personne ?

Oui. Faire son deuil ne signifie pas effacer les souvenirs ou cesser d'aimer. Il s'agit de s'adapter progressivement à la réalité de la perte tout en trouvant une manière de conserver un lien symbolique avec la personne disparue.

Une thérapie peut-elle aider à traverser un deuil difficile ?

Oui. Lorsque la souffrance devient envahissante, un accompagnement psychologique ou psychothérapeutique adapté peut aider à traverser certaines difficultés. Le type d'accompagnement dépend de la situation, notamment de la présence éventuelle d'un deuil prolongé, d'une dépression ou de symptômes traumatiques.

Tu peux continuer à aimer... et t'autoriser à vivre

Il y a des absences qui continueront probablement à nous toucher.

Des prénoms qui feront toujours quelque chose.

Des souvenirs qui feront sourire et parfois pleurer.

Des personnes dont on aimerait encore entendre la voix, ne serait-ce qu'une minute.

Et ce n'est pas parce que tu ressens encore leur absence que tu n'as pas avancé.

Tu n'as pas besoin d'effacer ton histoire pour retrouver le sourire.

Tu peux garder une place pour ceux qui ne sont plus là, sans que leur absence occupe toute la place dans ta vie.

Et si aujourd'hui cette douleur est devenue trop lourde à porter, tu as le droit de te faire accompagner.

Ose faire ce premier pas. J'ensoleille ton chemin. Ensemble, on avance.

Voyage Vers l'Essence de Soi – Accompagnement des adultes en EMDR, hypnose et PNL, près de Valenciennes et en visio.*

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